dimanche 4 mai 2008

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8 commentaires:

sandgirl a dit…

Mot tard ?

Vieux motard me jaquait.

Comment ai-je pu demeurer si longtemps éloignée d'ici ?!?

Enrico ! Quelle poignante histoire transmise chez Passou que celle écrite par Moshe Shulstein... J'ai un moment cru que vous étiez l'auteur, car j'y voyais une scène saisie par votre œil.

À bientôt.

Anonyme a dit…

Le type me laisse une mauvaise impression, je n'y peux rien… Peut-être parce que je crains que la béquille de sa moto cède sous le poids de son ventre. Non… Décidément, moto + ventre ≠ lecteur.
 

Etienne Lejeune a dit…

Oui, Henri, j'ai lu cet émouvant poème que vous avez laissé comme commentaire sur la République Des Livres de Pierre Assouline.
Il est très beau.( Tout est dit !)
Moi aussi comme sandgirl, j'ai cru un instant que vous en étiez l'auteur.
Bonne soirée à Vous.
Étienne Lejeune

Henri Zerdoun: a dit…

Chère Sandgirl,
Heureux de vous retrouver ici...
Oui, ce poème est "fort" et lorsque je l'ai lu pour la 1ere fois, des larmes me sont venues aux yeux...
En souhaitant vous lire plus souvent ici.
Amicalement,

_______________________________
@ Gilles,

A un moment de ma vie, j'ai eu une moto et croyez moi Gilles, une béquille c'est solide..Mais, il est vrai que ce type avait un ventre "impressionnant".
Amitié à Vous,
H.Z

_______________________________

Cher Etienne,
C'est me flatter que d'avoir eu cette pensée!
Comme je l'ai dit à Sandgirl, ce poème m'a beaucoup ému lorsque je l'ai lu et je sais qu'il fut un jour récité en public .
( cela, je l'ai su bien des années après l'avoir lu..)
Amicalement,
H.Z

Anonyme a dit…

Tôt ou tard, les mots il faut les laisser pousser… même en motard… (Non, il n’est pas Brando dans le film The Wild One…)

Comme j’aimerais savoir quel est le poème dont vous parlez… !
c.

sandgirl a dit…

Pour anonyme :

Sur un tas de cendre humaine une poupée est assise.
C’est l’unique reliquat, l’unique trace de vie.
Toute seule elle est assise.Orpheline de l’enfant qui l’aima de toute son âme. Elle est assise comme autrefois parmi ses jouets.
Au chevet de l’enfant sur une petite table,
Elle reste assise ainsi, sa crinoline défaite,
Avec ses grands yeux tout bleus et ses tresses toutes blondes.
Avec des yeux comme en ont toutes les poupées du monde,
Qui, du haut d’un tas de cendre, ont un regard étonné
Et regardent comme font toutes les poupées du monde.
Un étrange étonnement qui n’appartient qu’à eux seuls,
Car les yeux de la poupée sont l’ unique paire d’
yeux
Qui de tant et tant d’ yeux subsiste encore en ce lieu,
Les seuls qui aient ressurgi de ce tas de cendre humaine.
Seuls sont demeurés des yeux-les yeux de cette poupée
Qui nous contemple à présent, vue éteinte sous la cendre.
Et jusqu’à ce qu’il nous soit terriblement difficile
De la regarder dans les yeux.

Dans ses mains, il y a peu, l’enfant tenait sa poupée.
La mère tenait l’enfant comme l’enfant la poupée,
Et se tenant toutes les trois c’est à trois qu’elles périrent
Dans une chambre de mort, dans son enfert suffocant,
La mère,l’enfant,la poupée,
La poupée, l’enfant, la mère.

Parce qu’elle était poupée la poupée eut de la chance.
Quel bonheur d’être poupée et de n’être pas enfant.
Comme elle y était entrée elle est sortie de la chambre,
Mais l’enfant n’était plus là pour la serrer sur son cœur,
Comme pour serrer l’enfant il n’ y avait plus de mère,
Alors elle est restée là, juchée sur le tas de cendre,
Et l’on dirait qu’alentour elle scrute.
Qu’elle cherche
Les mains, les petites mains qui voici peu la tenaient.
De la chambre de la mort la poupée est ressortie
Intacte, avec sa forme et avec son ossature,
Ressortie avec sa robe et avec ses tresses blondes
Et avec ses grands yeux bleus qui remplis d’étonnement
Nous regardent dans les yeux, nous regardent, nous regardent, nous regardent.

(Moshe Shulstein- Une poupée à Auschwitz)

Henri Zerdoun: a dit…

Merci Sandgirl,
j'allais le faire pour Candi mais vous m'avez "pris de court"...
Amicalement,
H.Z

Anonyme a dit…

Pour Sandgirl :

Merci bien pour ce touchant poème de Moshe Shulstein.

Et cette page :
http://www1.yadvashem.org/exhibitions/temporary_exhibitions/childsplay/1_home_new.html

Cordialement,
c.

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